Cela fait maintenant quelques années que le Japon a pleinement pris conscience du potentiel de son industrie des contenus.
Les choses ont pris comme souvent du temps, je me souviens très bien d’une discussion avec M. Akira Amari ancien ministre de l’économie de Abe puis de Fukuda qui me confiait lors du Tokyo International Film Festival que les conservateurs éprouvaient une certaine gêne à admettre que la plus belle carte de visite du Japon à l’étranger soit le manga.
Fort heureusement, la structuration du secteur ainsi qu’une demande croissante venant de l’étranger ont permis au gouvernement d’ouvrir les yeux.
Aujourd’hui, nous assistons à la revanche des entreprises japonaises contre les intermédiaires étrangers qui n’hésitaient pas à censurer ou adapter les produits à leur convenance. Le marché tend de plus en plus vers une implication direct des japonais, à l’image du récent rachat par Shogakukan-Shueisha de Kaze en France ainsi que d’Anime virtual en Allemagne.
En poussant le raisonnement plus loin, on est en mesure de s’apercevoir que cette tendance à un repositionnement fort en Europe va concerner une importante partie de l’économie japonaise dans les années à venir.
L’Europe, longtemps délaissée au profit des USA et de l’Asie est une bouffée d’oxygène pour tout un pan de l’économie japonaise, reste à savoir si la France sera suffisamment réactive et séduisante pour accueillir ces capitaux nippons…